55 ans marque bien plus qu’un chiffre dans le dossier d’un salarié : il agit comme un seuil administratif qui redéfinit, parfois brutalement, la mécanique du Compte Personnel de Formation. D’un côté, des droits qui cessent de s’accumuler si l’activité professionnelle s’interrompt. De l’autre, un capital précieux qu’il serait dommage de laisser s’éteindre, alors que certains dispositifs restent ouverts sous conditions.
Le CPF après 55 ans : où en est-on vraiment ?
Passé 55 ans, le CPF s’enveloppe de subtilités souvent ignorées. Tant que le contrat de travail demeure actif, la cotisation CPF ne s’interrompt pas. Pourtant, toute sortie du marché du travail, licenciement, longue maladie, passage à la retraite, stoppe net l’alimentation du compte. Pour celles et ceux qui continuent à travailler, même à temps partiel, la mécanique persiste, alimentant les droits CPF année après année.
Le fonctionnement reste simple sur le papier : la Caisse des Dépôts crédite le compte dès qu’une activité professionnelle est signalée. Dès que l’activité cesse, l’alimentation s’interrompt. Mais les droits déjà accumulés restent à portée de main, à condition de ne pas avoir liquidé la retraite à taux plein. Ces crédits, véritables passeports pour la formation, demeurent utilisables tant qu’ils n’ont pas été consommés. On comprend alors l’intérêt de s’informer pour éviter que ce capital ne reste lettre morte.
Voici comment se répartissent les situations fréquentes :
- Les salariés qui poursuivent leur activité après 55 ans voient leurs droits continuer de grimper, proportionnellement au temps de travail déclaré.
- Pour les demandeurs d’emploi, le compteur s’arrête mais le montant acquis reste utilisable sur toutes les formations éligibles affichées sur la plateforme officielle.
- Côté retraités, impossible de continuer à alimenter le compte. Seule option : mobiliser les droits avant la liquidation définitive de la retraite.
La gestion du CPF à ce stade ne concerne pas que les DRH. Elle interpelle directement chaque salarié en fin de parcours, car ces règles, parfois techniques, dessinent la marge de manœuvre des dernières années d’activité.
Quels sont vos droits à la formation à l’approche de la retraite ?
Le temps file, la carrière s’étire, mais la formation professionnelle ne s’arrête pas au seuil de la retraite. Dès lors que le salarié reste en poste, son Compte Personnel de Formation continue d’être alimenté via la Contribution Formation Professionnelle, prise en charge par l’employeur et relayée par la Déclaration Sociale Nominative. Ce mécanisme garantit un crédit mobilisable jusqu’à la liquidation de la retraite à taux plein.
Le champ d’action demeure ouvert. Beaucoup choisissent le bilan de compétences pour s’offrir une analyse lucide de leurs atouts et faiblesses, certains se lancent dans une reconversion grâce au Projet de Transition Professionnelle (PTP). La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) reste à portée, sans oublier la formation en langues ou la montée en compétences techniques.
Quelques cas pratiques illustrent ces options :
- Un salarié proche de la retraite peut engager une formation CPF si la validation intervient avant la date de liquidation des droits à la retraite.
- La reconversion prend corps avec le PTP, sous réserve de remplir les conditions d’ancienneté et d’obtenir la validation du dossier.
- Les parcours certifiants, qu’ils soient diplômants ou qualifiants, restent accessibles et financés par le CPF tant que le salarié n’a pas liquidé sa retraite.
Anticiper, c’est ici le maître mot. Les échanges avec les ressources humaines deviennent stratégiques pour sélectionner une formation adaptée et valider l’inscription avant le terme du contrat salarié.
Attention à la perte de vos crédits : ce qu’il faut savoir avant de partir
Un point de vigilance s’impose : à la liquidation de la retraite à taux plein, tous les droits CPF non utilisés disparaissent, sans retour possible. Les salariés qui franchissent ce seuil voient leur compteur gelé, et les crédits restants s’évanouissent. Le transfert à un tiers ou à une association, souvent évoqué dans les débats, n’a pour l’instant pas été adopté dans la loi.
Le cas du cumul emploi-retraite intrigue. Reprendre une activité après avoir activé sa pension ne rouvre pas la porte à de nouveaux droits CPF. La Caisse des Dépôts et France Travail l’assurent : les versements cessent, même si la personne continue de travailler. Pas de création de nouveaux droits, ni via les trimestres supplémentaires, ni via une majoration de durée d’assurance.
Autre élément à surveiller : les périodes d’interruption. Lors d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, le contrat de travail est suspendu. Résultat, plus aucune alimentation du CPF, même si l’ancienneté continue à courir. Pour les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail POLE, le solde reste figé, mais utilisable tant que la retraite n’a pas été liquidée.
Avant l’échéance, il convient de :
- Valider l’inscription à une formation éligible CPF tant que le droit de tirage n’est pas perdu.
- Suivre de près les évolutions réglementaires pour anticiper toute modification concernant l’usage ou le transfert des droits CPF.
- Contrôler régulièrement le solde sur la plateforme CPF afin d’éviter les mauvaises surprises de dernière minute.
Des démarches simples pour profiter pleinement de votre CPF avant la retraite
Ne laissez pas filer vos droits : dès 55 ans, une consultation régulière de la plateforme CPF s’impose. L’accès nécessite désormais une identité numérique validée, gage de sécurité et de protection contre les fraudes. Dès la connexion, le solde apparaît, accompagné d’un catalogue de formations CPF accessibles et variées.
Les possibilités abondent. Entre modules à distance proposés par des partenaires comme Formadom Learning ou GlobalExam et sessions en présentiel, chacun peut trouver la formule adaptée. Les métiers du secteur médico-social séduisent particulièrement les profils en quête de sens ou de reconversion : assistant(e) de vie aux familles, agent de service médico-social, secrétaire assistant(e) médico-social(e), médiateur(trice) social(e). Ces formations certifiantes ouvrent la voie à de nouvelles aventures professionnelles, sans rompre complètement avec le marché de l’emploi.
Pour exploiter au mieux le dispositif, il est recommandé de :
- Vérifier fréquemment la mise à jour du solde sur la plateforme CPF.
- Échanger avec un organisme de formation référencé pour valider le montage du projet.
- Prévoir les délais administratifs, surtout pour les cursus longs ou diplômants.
Avec la flexibilité qu’offre le CPF, il devient possible d’opter pour une formation à distance, idéale pour ceux qui souhaitent gérer leur temps à leur rythme. Les parcours sont pensés pour accompagner chaque étape, de la vérification des prérequis jusqu’à l’obtention de la certification. À chacun d’orchestrer la suite de son parcours professionnel. Car même à l’approche de la retraite, l’avenir n’attend pas : il se construit, un choix de formation à la fois.

